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Les membres, leurs proches et même leurs intervenants sont en droit de se poser plusieurs questions, avant d'entamer une démarche auprès d'un groupe de soutien pour hommes.

Voici les plus fréquentes: En choisissant parmi ces grandes interrogations, vous trouverez un accès à des réponses détaillées :

Qu'est-ce que le Réseau hommes Québec?

En quoi les rencontres du Réseau homme Québec sont-elles différentes de celles des groupes d'amis ou de travail?

Le Réseau Hommes Québec propose à ses membres la création de groupes autogérés et confidentiels où les mêmes 6 à 10 hommes se rencontrent sur une base régulière pour partager leurs questionnements et leurs expériences personnelles, sans se donner de conseils ou se critiquer. Le but est d’échanger sur des sujets très personnels et même intimes que l’on peut rarement ou jamais discuter avec nos amis. Toutes les règles du groupe visent à favoriser les échanges, sans compétition. Cette possibilité d'être entendus et d'entendre d'autres histoires qui les interpellent amène plusieurs hommes à bâtir de liens qui parfois se transforment en amitié.

Qu'entendez-vous par Réseau d'hommes? Qu'est-ce que c'est, un Réseau, au juste?

Le Réseau est un organisme sans but lucratif qui organise et parraine des rencontres de groupes d'hommes qui apprendront peu à peu à se gérer par eux-mêmes. Les membres d’un groupe peuvent compter sur l’aide des autres membres de leur groupe, tout en sachant que d'autres groupes sont également actifs, autour d'eux, dans le Réseau. Les bénévoles régionaux organisent des activités telles que des conférences, des ateliers et des loisirs pour permettre aux divers hommes de leur région de se rencontrer. D'autres rencontres sont organisées, quelquefois par année, pour tous les membres de la province qui ont envie de s'y joindre.

Quels genres d'hommes se retrouvent dans un réseau comme celui-là?

En général, les hommes vont bien, mais ils vivent parfois des situations devant lesquelles ils aimeraient apprendre à mieux réagir ou à mieux identifier ce qu'ils ressentent. Leur principal point commun est de sentir qu'ils y parviendront en s'exprimant ensemble, que ce soit à propos des grandes transitions ou des défis quotidiens qui les attendent. Ils y découvrent aussi la démarche d'une variété d'hommes: qu'ils soient pères de famille ou sans enfant, en couple ou célibataires, hétérosexuels ou homosexuels, de tous âges, de toutes cultures et de toutes conditions sociales ou professionnelles. Dans un contexte où ils se sentent accueillis, acceptés tels qu'ils sont, avec respect et sans jeu de séduction, chacun fait appel au soutien des autres pour mieux s'accepter et trouver des modèles d'actions qui lui conviennent.

Le réseaux répond-il avant tout aux besoins de ceux qui ont besoin d'aide ou de ceux qui veulent aider pour se sentir bien?

C'est en se dévoilant que les hommes trouvent leurs propres solutions. Et par leur travail qu'ils font sur eux-mêmes, ils offrent des modèles constructifs qui aident les autres à évoluer. Ils prennent alors conscience que le meilleur moyen d'aider les autres est encore de s'aider et de s'accepter soi-même. Lorsque quelqu'un traverse une période plus difficile, le fait d'avoir été là et de sentir qu'ils ont su écouter et aider l'autre peut quand même être très valorisant pour les hommes qui l'entourent. Dans les groupes, on apprend donc à être à la fois aidé et aidant.

Qu'est-ce que cela signifie un «groupe autonome»? Quel sera mon rôle?

Une fois que 6 à 10 hommes sont prêts à former un groupe, une première rencontre peut être organisée entre eux. Ils échangent d'abord sous la supervision d'un ancien membre qui les aide à appliquer les règles de fonctionnement du RHQ à leur mode de communication. Après 6 à 8 rencontres, habituellement à toutes les deux semaines, le groupe est prêt à fonctionner sans supervision et a la responsabilité de s'assurer que chacun puisse s'y exprimer et que tous décident ensemble des thèmes à aborder, des moments et des lieux de rencontre. Les membres animent alors à tour de rôle les échanges, individuellement ou à deux. Chaque groupe désigne aussi un des leurs pour assurer le lien, selon ses besoins, avec le Réseau régional et national.

Quelle est la différence entre un groupe autonome, un groupe d'accueil et une activité publique? Pourquoi fait-on appel à l'un et à l'autre?

Les activités publiques prennent souvent la forme d'ateliers thématiques, de conférences ou de rencontres conjointes avec d'autres organismes régionaux, habituellement sous forme de discussions parfois alimentées par un visionnement de film ou une autre production culturelle. Les groupes d'accueil, animés par un bénévole, répondent aux besoins des hommes qui aimeraient comprendre comment se déroule une rencontre du Réseau Hommes Québec ou de ceux qui ne sont pas encore assez nombreux pour former un groupe autonome. Les participants peuvent être différents d’une rencontre à l’autre. Les groupes autonomes, quant à eux, sont composés de 6 à 10 hommes, toujours les mêmes, qui se réunissent pour approfondir ensemble et à leur manière les questionnements qu'ils auront eux-mêmes choisi d'aborder. Au début, le groupe est accompagné par un parrain, mais au bout de quelques semaines, il fonctionne par lui-même. Il n’est pas seul toutefois, car il peut faire appel à l’aide à un parrain ou d’autres hommes du réseau.

 

Comment ça se passe entre hommes?

Comment se déroulent habituellement les rencontres?
On commence par un tour de table où chacun est libre d'exprimer son humeur du moment. Ensuite, on passe au partage sur le thème choisi, la semaine précédente, par les membres. Durant les premiers mois suivant sa formation, les rencontres se concentrent davantage sur les récits de vie des participants. Après quelques semaines ou quelques mois elles peuvent prendre la forme de discussions thématiques, animées par un membre, ou encore, d'une activité visant l'introspection. Avant de clore la rencontre, chacun est invité à donner son avis sur le déroulement de la soirée. Il est suggéré aux membres de prévoir 3 heures pour une rencontre.
Comment savoir si la chimie passera entre moi et les autres membres du groupe?
La conversation avec les bénévoles responsables des appels de la boîte vocale donne déjà un premier aperçu de l'approche d'écoute active et de partage qui attend les hommes dans un groupe. Si l'homme se sent bien, à cette étape, il est invité à se joindre à une soirée d’information et d’essai. Ce sera une seconde occasion d'entendre parler du fonctionnement du groupe, de poser des questions, mais aussi de rencontrer d'autres hommes qui envisagent de se joindre à un groupe. Il arrive que ceux qui veulent entamer une démarche soient relativement du même âge et proviennent du même milieu. Plusieurs membres disent toutefois y avoir trouvé une occasion unique de découvrir ce qui peut les rapprocher d'hommes qu'ils auraient été moins amenés à fréquenter dans leur vie de tous les jours. Les trois heures que dure la soirée d’information et la première rencontre du groupe autonome suffisent habituellement aux hommes pour savoir s'ils se sentent prêts ou non à poursuivre les rencontres sur une base régulière, pour y évoluer à leur rythme.
Pourquoi avoir choisi de constituer des groupes sans femmes?

Il a existé, pendant quelques années, le Réseau Femmes Québec qui n'existe plus maintenant, les femmes reconnaissent depuis longtemps à quel point se rencontrer entre elles, pour faire le point et pour mieux comprendre leurs émotions, peut leur être bénéfique. Elles peuvent aussi le faire en se joignant à des groupes correspondant à des problématiques précises comme le fait de devenir proche aidante, chef de famille ou dans des groupes d'entraide liés à des problèmes de santé. Certains de ces groupes sont réservés à ces femmes, mais, même lorsque les hommes peuvent s'y joindre, ils s'y retrouvent souvent minoritaires. Pourtant, ils admettent ressentir le besoin, comme les femmes, de rencontrer des personnes à qui ils s'identifient spontanément et peut-être même des hommes qui ont été confrontés aux mêmes stéréotypes qu'eux. L’accueil et la confirmation des autres hommes les aident à reconnaître leurs émotions et à en parler.

Est-ce que ça fonctionne comme les autres groupes anonymes du genre AA?

Tout comme les groupes AA, ainsi que bien d'autres groupes de personnes aux prises avec une épreuve, un problème de santé ou de comportement, le Réseau Hommes Québec forme des groupes d'entraide, c'est-à-dire des groupes où des personnes s'entendent sur une démarche pour évoluer ensemble vers un meilleur bien-être, sans intervenant. Les membres du Réseau Hommes Québec n'ont cependant pas besoin d’être aux prises avec une problématique spécifique pour y être les bienvenus: il leur suffit d'être des hommes prêts à discuter avec d'autres hommes de sujets faisant appel à leur introspection. Chacun y va à son rythme et, mis à part la ligne de vie, au début, les groupes n'ont pas à suivre d'étapes prédéfinies, encore moins à accepter une référence à une force supérieure. Par contre, certaines règles communes à de nombreux groupes d'entraide peuvent y être retrouvées comme la confidentialité, le non-jugement, l'importance de parler au «je» et l'absence de conseils à autrui.

Pourquoi aurais-je besoin d'un parrain pour apprendre à être dans un groupe?

Le rôle du parrain concerne avant tout la gestion de groupe (il s'agit donc moins de parrainage individuel, comme ce que l'on retrouve dans d'autres groupes d'entraide). Il agit auprès du groupe comme un coach, afin d'expliquer au groupe le déroulement des rencontres, les règles à suivre et de l’aider à les mettre en application. Établir les mécanismes intérieurs pour fonctionner de manière différente de celle que l'on a toujours connue demande habituellement un certain soutien, au départ. Les parrains reçoivent une formation afin de mieux maîtriser et transmettre les outils pour préparer une animation. Ils y ont aussi appris à gérer les tensions dans les groupes. Les membres peuvent donc faire appel à ses multiples années d'expérience, même au terme de l'encadrement offert durant les sept premières semaines.

De quoi parle-t-on durant les rencontres?

Les thèmes abordés durant les rencontres sont décidés ensemble, par les membres, selon leurs intérêts ou leurs préoccupations. Il peut y être question d'engagement professionnel, amoureux, de relations familiales, de bien-être physique ou psychologique ou encore d'une réflexion sur les grandes transformations qui s'imposent dans notre vie ou que l'on aimerait y amener. Vous en aurez un aperçu encore plus vaste en consultant la page Clientèle, mais cette liste demeure toujours ouverte aux nouvelles propositions du groupe. Mais outre ce qui se dit, ce sont avant tout les moyens que l'on se donne pour en parler qui font la différence: se retrouver ensemble, entre hommes prêts à s'écouter et à s'inspirer de l'exemple des autres. Ensemble, les hommes se soutiennent, s'encouragent, se parlent de ce qu'ils ont lu ou de ce qui les a aidés à se sentir plus forts. Certains y trouvent une occasion de parler de ce qui les fait souffrir ou de ce qu'ils ont de la difficulté à aborder avec leurs proches; mais le ton peut aussi être beaucoup plus serein, à d'autres moments, puisque les réussites des uns aident les autres à sentir que leur vie de groupe a un sens.

On m'a parlé d'une histoire de ligne de vie. Qu'est-ce que cela signifie au juste?

Durant les premières semaines suivant la fondation d'un groupe, les membres, à tour de rôle, sont appelés à faire le récit des principaux événements qui ont marqué leur vie, avec l'aide d’une ligne dessinée sur une feuille qui montre comment leur sentiment de bien-être a évolué dans le temps. Environ 60 minutes sont allouées à chacune de ces présentations, suivies de 30 à 45 minutes d'échanges et de réflexion en groupe. Avec le recul, la plupart des membres ont dit que cette activité a joué un rôle fondamental dans le sentiment de solidarité entre les membres.

Que se passe-t-il si je me sens trop ému?

À travers les rencontres, les hommes apprennent à supporter les silence et à laisser à chacun le temps de vivre son émotion. Celui qui se sent ému peut alors choisir de reprendre la parole ou de se taire pour le moment et de continuer un autre jour. C'est ce qui est bien avec les groupes d'entraide: rien de presse!

Arrive-t-il que l'on tourne en rond à force de parler de ses malheurs? Comment en sort-on?

Tous les hommes ont de grands moments à raconter sur leur vie de groupe. Avant d'y parvenir, comme pour tout autre élément de sa vie, il faut parfois s'en donner le temps. Par contre, pour éviter de tourner en rond, il est demandé au hommes de préparer une animation thématique, propre à chaque rencontre. Respecter cette formule est habituellement la meilleure façon de se donner la chance d'aborder de nouveaux aspects ou d'aborder sa réalité sous un autre angle, mais cela n'empêche pas de se mettre à la recherche d'idées d'animations plus originales ou plus actives. Le fait de rencontrer d'autres personnes ayant vécu des situations similaires et avoir réagi, chacun à leur façon, contribue aussi à faire avancer la réflexion.

Si je n'arrive pas à me mettre dans la peau de l'autre, quelles en seront les conséquences? Lui ferais-je perdre son temps?

C'est en parlant de lui-même qu'un homme s'aide vraiment. L'important est avant tout d'offrir une qualité de présence et cela s'apprend. Tout la démarche du groupe est conçue pour cela. De plus, il ne s'agit pas d'un tête-à-tête. Dans un groupe de 6 à 8 personnes, certains peuvent se sentir plus à l'aise que d'autres avec une question et il est possible de se faire plus discret, si celle-ci nous interpelle moins.

confidentialité

Confidentiel et sécuritaire, oui, mais...

Comment puis-je m'assurer que ce que je dis restera vraiment confidentiel?

Chaque nouveau membre doit respecter un code d'éthique dès le moment de son entrée au Réseau hommes Québec; celui-ci mentionne explicitement qu'une autorisation écrite est exigée pour pouvoir utiliser ou partager toute information provenant d'un membre. Il est aussi spécifié, à chaque fois que cela s'avère nécessaire, que les membres ne sont pas là pour faire du réseautage d'affaires et qu'aucune forme de recrutement pour des fins commerciales n'y sera tolérée.

Si je n'ai pas envie de parler ou que j'ai des doutes, est-ce que je peux observer seulement?

Oui, il est possible d’observer et de ne rien dire. À une première rencontre de groupe, la plupart des participants ne savent pas s'ils veulent parler, ce qu'ils veulent dire, ni comment le dire. Toutefois, l'expérience démontre qu'il n'est pas nécessaire de forcer les choses: un climat de confiance s’installe dès les premières minutes d’une soirée d’information et d’essai ou de démarrage d’un nouveau groupe. Se sentir écouté et respecté lorsqu'ils parlent dans leurs mots et sentir la confiance des autres hommes qui se confient suffit habituellement à motiver les hommes à s'exprimer davantage. Et même lorsque les hommes se dévoilent : ils peuvent ne dire que quelques mots, sonder le terrain et en dire davantage la semaine suivante.

Est-ce que les proches peuvent savoir ce qui se passe dans le Réseau? Comment et jusqu'où peut-il le faire?

En plus de consulter notre site internet, toute personne intéressée par le fonctionnement du réseau peut appeler au bureau régional ou national pour en savoir plus. Notre fonctionnement général repose sur des règles d'écoute active et d'accueil inconditionnel qui sont de rigueur dans la plupart des groupes d'entraide et qui sont bien documentées. Les proches peuvent participer aux activités ouvertes au public. Les hommes s'engagent toutefois à respecter le secret sur ce qu'ils se disent entre eux, et cette règle doit être respectée autant qu'elle le serait dans le cadre d'une thérapie individuelle. Parfois, certains groupes décident ensemble de faire une rencontre avec les conjoint(e)s pour leur permettre de poser des questions ou d’exprimer leurs inquiétudes.

Quels sont les rapports entre les hommes du groupe entre les rencontres?

Les hommes n'ont aucune obligation de communiquer les uns avec les autres entre les rencontres, sauf pour avertir qu'ils devront s'absenter à l'une d'entre elles. Ils doivent prendre le temps de préparer leur animation, lorsque leur tour est venu de le faire, mais cela ne devrait pas les obliger à entrer en communication ensemble. Certains membres développent toutefois des liens d'amitié, surtout après plusieurs mois au sein du groupe. Le RHQ n'a pas de règles de conduite à imposer à ce sujet.

Me demandera-t-on de dire, ou au contraire de garder le secret, sur ce que l'on vit dans le groupe?

Chaque membre a droit à sa vie privée. C'est une règle bien expliquée dès le départ sur laquelle les membres s'entendent dès le départ. Nous demandons donc à chacun de ne pas dévoiler à l’extérieur du groupe ce que les autres disent ou font dans le groupe. Ce qui est dit dans le groupe reste dans le groupe. Il est toujours possible de parler à son entourage du fonctionnement du Réseau Hommes Québec et du cheminement personnel que l'on y a fait, soi-même. Cela contribue à nous faire connaître. Le Réseau Hommes Québec est toutefois conscient que certains hommes considèrent que cette démarche ne regarde qu'eux et ne veulent pas en parler. Nous respectons ce choix.

Quelle est la différence entre le Réseau Hommes Québec et une secte ou une association idéologique

Bien sûr, il est question d'émotion et, en évoquant ses émotions, on risque de transformer nos manières de voir mais, en général, il en faut beaucoup plus pour qu'un groupe d'entraide puisse être assimilé à une secte. Les conséquences appréhendées d'une secte concernent avant tout le risque de devoir adhérer à une pensée unique, de vivre de l'exploitation économique et d'être isolé de leur réseau social. Au contraire, les hommes du RHQ disent habituellement que le fait d'y appartenir a facilité leur relation avec leurs proches, avec qui ils parviennent davantage à savoir ce qu'ils veulent et à l'exprimer. Le RHQ tente, en effet, de transmettre certains principes qui facilite l'écoute et le respect mais le reste du contenu des rencontres est à la discrétion des membres. Pour ce qui est des frais, ils se limitent à l'adhésion annuelle et, pour les intéressés, à ceux associés au rassemblement provincial annuel ou à la participation à d'autres activités facultatives (conférences, fins de semaine thématique, etc.).

Comment m'assurer que je ne deviendrai pas dépendant du groupe si je m'y sens bien?

Toute forme de bien-être peut créer des habitudes. L'habitude que propose le groupe se limite à une rencontre par deux semaines. D'après nos statistiques, la grande majorité des membres décident de quitter, après quelques années, habituellement parce qu'ils sentent qu'ils ont fait le tour du jardin ou que les bienfaits sont moins importants qu'au début. Cela se termine rarement de manière plus radicale.