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Les hommes du groupe profitent souvent des liens de confiance qu’ils établissent entre eux pour révéler des questionnements qu’ils ne savent pas comment les gens de leur entourage recevraient, parce qu’il s’agit souvent de contextes de compétition ou parce qu’ils doivent projeter une image qui ne leur convient pas toujours, pour satisfaire les attentes de leur entourage.  À l’intérieur du groupe, ils parviennent à explorer des manières d’être et de ressentir qui leur sont nouvelles au point où plusieurs décrivent leur expérience en groupe comme un laboratoire.
En fait, aux yeux de presque toutes les personnes interrogées, les groupes sont des laboratoires où elles expérimentent ce type d’interactions sociales inédites. Tous les hommes sans exception s’accordent pour dire qu’il est plus facile de vivre l’affectivité entre hommes au sein du RHQ qu’en dehors. (Bizot 2011)

Ce qu’ils peuvent partager autour d’eux

Lorsque les hommes apprennent à s’affirmer d’une manière qui leur convient davantage ou lorsqu’ils gagnent en confiance, il peut arriver que cela se reflète dans leur attitude envers leurs proches. Certains hommes veulent aussi parler d’eux-mêmes, de ce qu’ils ressentent, autour d’eux et expliquer d’où provient cette transformation. Ils peuvent aussi ressentir le besoin de faire appel à leur expérience pour aider quelqu’un qui les entoure.

On a eu une conversation qui était d’une chaleur… J’embrasse mon père à chaque fois que je le vois puis je lui ai expliqué : « Papa, ce qu’on vit ensemble, comme conversation, tu sais le groupe d’hommes dont je te parle maintenant, c’est toujours comme ça. » Il m’a regardé et m’a dit : « Moi, j’ai jamais eu d’amis ». Là, il m’a expliqué pourquoi il n’avait jamais eu d’amis. Il y a une richesse, je suis sorti de là… Ah! Que j’aime ça! (Témoignage d’un membre – Bizot 2011

Ce que les membres ne révéleront pas hors du groupe

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Les hommes doivent être assurés que ce qu’ils dévoileront restera dans le groupe, afin de se donner le droit d’évoluer à leur rythme et même de faire des erreurs. Ils ont besoin de sentir que, quoiqu’il arrive, ce qu’ils diront n’aura pas d’impact sur leur vie à l’extérieur du groupe. C’est le prix pour parvenir à l’authenticité et chacun le sent très vite.

 

D’emblée, les masques tombent et on se retrouve au plus profond de l’humain. […] une conviction forte, basique, sur laquelle tout se reconstruit: un autre soi-même est possible, plus acteur de sa propre vie. Ici, il ne s’agit pas d’une injonction à l’autonomie, venue de l’extérieur mais comme la sensation d’une réalité interne qu’il conviendra d’entretenir et d’améliorer. (Boussier 2013)

Comme dans la plupart des groupes d’entraide, des règles sont instaurées afin de préserver cet espace privilégié de confidence. Ainsi, le code d’éthique du RHQ mentionne dès le départ:

Je dois toujours respecter mon engagement à la confidentialité par rapport aux autres membres, je m’engage à ne diffuser aucune information obtenue dans l’exercice de mes fonctions au sein de l’organisation sans l’autorisation de la personne concernée.RHQ (2015)