Chez ceux qui témoignent de leur expérience au Réseau Hommes Québec, le fait de rencontrer d’autres hommes qui ont vécu des réalités comparables à la leur est évoqué comme étant un élément fondamental du bien-être qu’ils y trouvent.

 

Les expériences de partage qu’ils vivent dans les groupes les aident à prendre conscience qu’ils ne sont pas seuls à être confrontés aux défis qui les préoccupent et les faisaient même parfois douter de leurs capacités à répondre aux attentes qu’ils percevaient de la société envers les hommes. Ils apprennent ainsi à dédramatiser ce qu’ils vivent et peuvent constater l’évolution d’autres hommes qui ont vécu des problématiques comparables aux leurs et en sont sortis.

«Ça peut être aidant parce que ça permet de te solidariser, d’aller voir d’autre gars, puis de te rendre compte que ce que tu voyais comme étant un très gros problème, ce n’est pas si énorme que ça. C’est énorme quand tu penses à être tout seul à l’avoir. Mais quand tu compares à ce que vit l’un puis l’autre, puis que tu apprends à te confronter puis à te vérifier… Moi, je pense que c’est seulement de donner un petit lieu intéressant pour, je dirais, vivre un peu plus calmement.» (Témoignage d’un membre)

Ils y rencontrent des hommes que, peut-être, ils n’auraient jamais osé approcher dans la vie de tous les jours sans que s’impose entre eux le poids de la distance sociale ou thérapeutique. Ils y trouvent donc un équilibre et des modèles qui les poussent à évoluer et un espace d’acceptation de qui ils sont, par des êtres avec qui ils créent peu à peu des liens d’attachement dont ils sont fiers. Ainsi, pour eux, la réussite des pairs de leur groupe, de ceux à travers lesquels ils se reconnaissent, de ceux qui portent leur espoir ou encore de ceux dont l’écoute leur a permis de constater que leur récit intime pouvait être porteur de sens, crée des sentiments d’identification qui motivent chacun d’eux à prendre sa vie en main.

«Ils y voient des modèles masculins de tout ordre et cela les fait progresser dans leur compréhension de ce que signifie pour eux être un homme. Dans les groupes, tous les participants réévaluent les principes erronés qui nourrissent leur conception de la masculinité, des schèmes qui donnaient du sens à ce qu’ils vivaient comme hommes et qui affectaient, souvent très profondément et négativement, leur parcours de vie. De plus, pour la quasi-totalité des hommes rencontrés, les groupes du RHQ représentent des espaces privilégiés où ils apprennent à laisser libre cours à l’expression de leurs émotions. Pour plusieurs hommes, la démarche leur a donné l’occasion, pour une première fois, de vivre des épisodes émotionnels d’une rare intensité, des épisodes qu’ils voient comme des moments de bien-être grandement appréciés. D’autres mentionnent avoir appris des choses sur eux-mêmes qu’ils n’avaient jamais pu explorer auparavant pour toutes sortes de raisons.» (Bizot, 2011, https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/bitstream/handle/1866/5504/Dominique_Bizot_these_2011.pdf