«Que ça fait du bien de trouver un lieu où l’on peut prendre le temps de parler et d’écouter. Pas besoin d’être en crise ou d’avoir de gros problèmes. Juste un moment pour s’exprimer et partager dans un contexte autre que le travail, la famille ou le couple.» (commentaire d’un membre)

 

La thérapie, parce qu’elle implique des frais, mais aussi parce qu’elle repose sur le maintient d’une saine distance thérapeutique, nécessite que la relation de confidence se termine lorsqu’un client manifeste un rétablissement. Il est donc tout à fait pertinent qu’un professionnel fixe des objectifs précis, à court ou moyen termes, concernant sa démarche thérapeutique. Mais afin d’assurer à son bénéficiaire le temps qu’il lui faut pour intégrer les transformations et les prises de conscience qui devront se poursuivre bien au-delà d’une situation de crise, le clinicien ou l’intervenant d’un centre d’aide d’un groupe de soutien d’une durée limitée peut trouver dans un groupe d’entraide comme le Réseau Hommes Québec un complément pertinent à la démarche thérapeutique.

«Ici, les souffrances vont pouvoir être vraiment dites et les souffrances et l’oppression [vont] diminuer en allégeant le poids qui restreint le souffle. D’être entre [eux] lève le déni, car c’est le deuil des illusions de redevenir «comme avant» qui se conjure à plusieurs. Alors, on peut envisager de devenir un autre, inattendu et incertain, dont on découvrira le visage progressivement au fur et à mesure du parcours de rétablissement, malgré les rechutes, parfois aussi malgré l’entourage qui a du mal à accepter l’émergence de cette nouvelle personne. (Boussier, 2012)»

Tous les thérapeutes et les chercheurs sont conscients du rôle essentiel que joue le réseau social dans le maintien de la santé mentale et à une analyse qui s’accroît à travers le temps des facteurs pouvant mener à une rechute. Ils observent aussi quotidiennement que l’isolement et les comportements trop conformes à des valeurs axées vers la performance et la difficulté à se dévoiler peuvent toucher directement le bien-être des hommes et même augmenter leur risque de suicide (Houle, 2005). En ce sens, plusieurs hommes du Réseau Hommes Québec disent avoir trouvé dans leur groupe d’appartenance des liens d’attachement solides et même des relations amicales qui ont directement contribué à leur bien-être et au sentiment de pouvoir être reconnus pour ce qu’ils sont sur une base de réciprocité.