Les recherches sont nombreuses à démontrer que les hommes ont moins d’amis que les femmes, et que leurs collègues de travail, de loisir, ainsi que leur famille sont rarement de ceux auxquels ils se plaisent à révéler leurs interrogations profondes ou leur éventuelle vulnérabilité,  de crainte d’être jugés, contrôlés ou encore, que cela se retourne contre eux dans le cadre d’un milieu compétitif (Houle, 2005, http://www.crise.ca/e-docs/jhoule_these_2005.pdf  et Devault et Gaudet, 2003, http://www.erudit.org/revue/ss/2003/v50/n1/006917ar.pdf).

 

Si la conjointe est plus souvent appelée à donner son avis, le fait de se retrouver en conflit de couple, en situation d’abandon amoureux ou célibataire peut alors laisser plusieurs hommes au dépourvu lorsqu’ils doivent admettre cette vulnérabilité ou affronter ouvertement la solitude.

«On sent dans ce propos que le maintien de l’image de soi visait une cohérence entre être homme et présenter les caractéristiques masculines conséquentes. On voit comment se trouvait, toute proche, une crainte de se faire rejeter, car jugé inadéquat. D’autres parlent de cette pression qu’ils associent à des limites qu’ils se mettaient : « Je ne pense pas que personne m’aurait dit quoi que ce soit si j’avais encore pleuré après un mois, mes amis ne m’en auraient pas voulu et personne ne m’aurait ridiculisé. C’est des limites que je me mettais moi-même » (Lukas). Ces normes de la masculinité rapportées précédemment ont été intériorisées et sont devenues des repères pour vivre leur vie.» (Genest Dufault, 2013, https://hommesmtl.files.wordpress.com/2014/10/30468.pdf)

Plusieurs hommes du Réseau Hommes Québec mentionnent ce soutien unique qu’ils ont pu trouver dans leur groupe, qui leur a permis de prendre plus de recul concernant leur vie privée et leurs choix familiaux, mais aussi avec le modèle d’homme qui leur semblait imposé par leur entourage. Ils y trouvent une écoute inconditionnelle, que leurs partenaires de vie ou de travail avec qui ils doivent affronter les défis quotidiens ne sont pas toujours en mesure de leur offrir, comme en témoigne un membre:

«Ça m’a beaucoup permis d’échanger, avec justement des personnes, ce qui me manquait et ce qui me créait une frustration. Du côté de ma famille, c’étaient les seuls qui avaient été bons. Maintenant, j’échange plus facilement avec les gens et je suis moins frustré. Donc, automatiquement, dans ma famille, c’est bon au moins pour ça.» (commentaire d’un membre)